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Tribunes de Louise Giroux


Autres regards

Source : William P. Barett
Forbes Magazine, 21 septembre 2009

Dans un numéro à paraître en septembre, Forbes revient sur l’explosion du phénomène des Naming Opportunities. Selon le magazine, le montant total des fonds levés grâce aux Naming Opportunities aurait atteint 4 milliards de dollars en 2007 (a priori sur le seul territoire américain bien que cela ne soit pas précisé par William P. Barett). De nombreux exemples plutôt cocasses illustrent la tendance, comme cette institution à Pittsburgh qui vient de lever 250 000 $ en proposant 2,300 naming opportunities pour chaque os et dent d’un dinosaure ou encore la phrase qu’un donateur a demandé d’ajouter sur la plaque portant son nom à l’entrée des toilettes de l’Université du Colorado pour un don de 25 000 $ : "The Best Ideas Often Come at Inconvenient Times--Don't Ever Close Your Mind to Them."

Du tout au n’importe quoi, il n’y aurait donc plus qu’un petit pas à franchir. Autrefois accordées « à perpétuité », il n’est déjà plus rare aujourd’hui de se voir proposer des naming opportunities limitées dans le temps. Sans compter les cas litigieux sur lesquels conclut William P. Barett. Il n’est encore pas si facilement envisageable de voir des établissements publics comme des écoles ou bibliothèques prendre le nom d’entreprises commerciales. Dans le Wisconsin, un groupe de 13 anciens élèves s’est mobilisé et a fait un don de 85 millions de dollars pour que leur école de commerce vieille d’un siècle ne change pas de nom !

L’étude publiée récemment par la Barclays Wealth est riche d’enseignements. Intitulée « Tomorrow’s Philanthropist », elle s’attache à prévoir les attentes et les comportements de la nouvelle génération de philanthropes.

On y apprend que la crise économique n’affecte pas les très grands donateurs anglais et américains qui, pour 75 %, n’ont pas changé ou ont augmenté les montants de leurs dons durant les 18 derniers mois.

Par ailleurs, la nouvelle génération de philanthropes rapproche le monde de la philanthropie de celui des affaires : ils veulent un don efficace dont ils peuvent mesurer les effets de leur vivant et pour cela ils sont à prêt non seulement à donner une partie de leur fortune mais également à mettre à disposition des institutions, dans le cadre de véritables partenariats, leurs compétences et leurs réseaux.

Pour consulter l’intégralité de l’étude, suivez le lien.

Dossier coordonné par : Christian David et Bernard Poulet, L’Expansion, le 1er juillet 2009

Les expositions ne désemplissent pas, les musées exportent leurs noms et leurs œuvres. En ces temps de crise, il semblerait que la culture soit une valeur refuge. L’Expansion a enquêté sur le sujet et publiait en juillet un dossier spécial sur le marché de l’art et les musées français.

Après une année 2008 difficile, le marché de l’art a repris : la Biennale de Venise affiche complet et les ventes d’art ne faiblissent pas. En France, où les musées sont majoritairement publics, cette tendance se confirme. L’art est aujourd’hui un enjeu majeur pour de nombreuses collectivités locales et plusieurs établissements ouvrent en France comme en Europe. Paradoxalement, alors que de nouveaux musée voient le jour, les grands musées français ont de plus en plus de mal à faire face au désengagement financier de l’Etat. Ils tentent de trouver de nouvelles ressources financières, développe leurs activités de mécénat et se lance dans la commercialisation de leur marque et de leurs collections : vente d’expositions clés en main, prêts d’œuvre, expositions itinérantes, multiplication des produits dérivés etc., une « marchandisation » de l’art qui représente une véritable manne financière pour des musées qui peinent à survivre et n’ont plus les moyens d’enrichir leurs collections.

Afin de sauver le Musée Picasso de la ruine, sa directrice, Anne Baldassari, n’a pas hésité à organiser une exposition itinérante à partir de ses collections. Elle devrait pourvoir réinjecter, grâce à cette initiative, environ 15 millions d’euros sur les 23 millions d’euros nécessaires à la modernisation du musée. Ce phénomène, qui paraît aujourd’hui inévitable, est contesté par certains qui voient dans cette mondialisation de la culture un réel danger pour l’intégrité des musées et des œuvres. Ils craignent également que cette « marchandisation » de l’art menace à terme l’inaliénabilité des collections publiques, et que certains musées puissent envisager dès lors de vendre tout ou partie de leurs oeuvres.

Source : Douglas Kirkwood*
Chronicle of Philanthropy, le 1er juin 2009

Donald Kirkwood, ancien Directeur du Développement de la London Business Schools est revenu depuis peu aux USA. Alors que le fundraising se globalise de plus en plus notamment à cause de la crise, Douglas Kirkwood propose quelques règles à suivre. Parvenir à lever des fonds à l’étranger, alors que le don est essentiellement local, n’est pas chose aisée. Dans un premier temps, nous dit Douglas Kirkwood, il faut prendre conscience des différences culturelles et notamment d’un rapport à la philanthropie, et à l’argent, propre à chaque pays. Une méthode de fundraising qui aura maintes fois fait ses preuves dans un pays pourra s’avérer totalement contre productive dans un autre. Pour étayer ses propos, l’auteur nous fait partager quelques anecdotes et tire les leçons de son expérience : alors qu’aux Etats-Unis les donateurs sont régulièrement cités et honorés dans le but d’inspirer d’autres donateurs potentiels, dans d’autres pays l’anonymat prévaut, le donateur ne souhaitant pas, par pudeur ou par discrétion faire étalage de sa réussite et de sa richesse. L’auteur s’est également rendu compte au cours de son expérience que la notion de « contrepartie » était abusivement utilisée par les fundraisers américains ou britanniques éloignant du coup progressivement le donateur de sa motivation initiale, pour finalement parfois se confondre avec elle. La contrepartie devient le moteur du don. Donald Kirkwood nous rappelle ici qu’un fundraiser doit se focaliser sur les raisons du don et préfère parler de « reconnaissance » plutôt que de « contrepartie ».

Douglas Kirkwood conclut sur une note encourageante en nous rappelant que les motivations du don sont les mêmes, en Inde, aux USA ou ailleurs. Ce qui va faire la différence et peut-être conditionner la réussite d’une levée de fonds à l’étranger est la flexibilité du fundraiser, sa capacité à se remettre en cause et à adapter ses méthodes de travail en fonction de ses interlocuteurs.

Le 13 février 2009, le décret d’application relatif aux fonds de dotation paraît au Journal Officiel. Issues de la Loi de Modernisation de l’Economie d’août 2008, ces nouvelles structures pourraient bien révolutionner le monde de la philanthropie en France. D’une grande souplesse juridique tout en proposant les mêmes avantages aux donateurs que les fondations, le fonds de dotation ne manque pas d’atouts.

Découvrez ici les principales caractéristiques de ce nouvel outil ainsi que ses modalités d’utilisation… sous la forme d’un abécédaire.

Et pour en savoir encore plus, consultez le site dédié www.fonds-dotation.fr.